Le PEV Genève s'insurge contre la décision du Conseil fédéral de supprimer "à l'aveuglette" 12'500 rentes AI. L'utilité financière de cette mesure paraît en outre très discutable.
Le PEV Genève met en garde contre le démantèlement de l'Etat social auquel l'on assiste en ce moment, dont les assurés invalidité ne cessent de faire les frais depuis quelques temps. La campagne lancée il y a un an contre les "abus" dans le domaine de l'AI a conduit à la suppression de milliers de rentes, de manière parfois totalement infondée. Elle s'est doublée d'une mise en œuvre agressive de la loi par les Offices AI, comme cela s'est notamment manifesté à Genève par l'attaque du Tribunal cantonal des assurances sociales par l'Office cantonal AI (voir notre Communiqué du 4 décembre 2009).Aujourd'hui, le Conseil fédéral annonce un nouveau train de mesures pour réduire le nombre de rentes de 5%, soit 12'500 bénéficiaires AI. On sait que les rentiers sortis de l'AI, parce que redevenus soudainement "aptes au travail", se retrouvent de facto pris en charge par le chômage. Ce changement de caisse relève de l’exercice comptable et n’a pas d’impact véritable sur les finances de la Confédération. Pire, ce que l'on observe aujourd'hui de plus en plus souvent, ce sont des rentiers chassés de l'AI considérés par les caisses chômage comme inaptes au placement et relégués à l'assistance publique, employés à la petite semaine sur le marché secondaire et les ateliers protégés, ou carrément laissés pour compte.
Pour cette raison, il est indispensable de mettre en œuvre une harmonisation effective des assurances sociales, afin que des assurés ne puissent plus être considérés comme aptes au placement par l’une d’elles et comme inaptes par l’autre. Loin de tout angélisme, le PEV Genève en appelle également aux entrepreneurs pour qu’ils ouvrent des places de travail aux personnes écorchées par la vie et sorties des effectifs au nom de principes de pure rentabilité.
Genève, le 25 février 2010/fbr/vkb