Conformément à la décision prise aujourd'hui par l'Assemblée fédérale, la loi sur le matériel de guerre sera assouplie de manière à ce que les exportations de matériel de guerre depuis la Suisse vers le monde entier deviennent la règle. Les critères objectifs sont supprimés, le Conseil fédéral obtient la compétence exclusive d'empêcher les exportations en cas de doute. Les exportations d'armes seront ainsi possibles même si les États concernés sont impliqués dans une guerre civile, si les droits humains y sont systématiquement violés et s'il existe un risque élevé que les armes soient utilisées contre la population civile. Les 25 États dits « de l'annexe 2 » bénéficieront d'une liberté encore plus grande. À l'avenir, du matériel de guerre pourra également être livré à ces États s'ils sont impliqués dans un conflit armé international. Et comme si cela ne suffisait pas, les déclarations de non-réexportation sont presque entièrement supprimées. La voie est ainsi ouverte pour que du matériel de guerre suisse aboutisse dans des zones de guerre via des pays tiers. Particulièrement hypocrite : l'Ukraine, qui était à l'origine de l'assouplissement, ne bénéficie pas de la modification de la loi, car les livraisons sont interdites par une clause de neutralité.
Une large alliance s'oppose à cet assouplissement préjudiciable et lancera officiellement le référendum le 7 janvier.
« La loi suisse sur le matériel de guerre ne doit pas être assouplie. Quiconque prend au sérieux la tradition humanitaire et la neutralité militaire ne souhaite pas que les armes suisses soient utilisées pour tuer. »
Rayyân Rehouma, secrétaire politique du GSsA
« L'époque où les grenades à main suisses se retrouvaient entre les mains de l'EI semblait révolue. Cependant, avec la nouvelle loi sur le matériel de guerre, les exportations d'armes vers des États injustes tels que l'Arabie saoudite ou le Myanmar sont à nouveau autorisées sans aucun contrôle. Ce n'est qu'une question de temps avant que des armes suisses ne se retrouvent à nouveau entre les mains de groupes terroristes. »
Fabian Molina, conseiller national PS/ZH
« La Suisse ne doit – sous aucun prétexte – exporter de manière incontrôlée des armes dans des pays en guerre civile ou des États de non-droit. Cet assouplissement de la loi sur le matériel de guerre est un cadeau dangereux à l’industrie de l’armement, car la Suisse attise ainsi des conflits partout dans le monde, au lieu de promouvoir la paix. »
Clarence Chollet, conseillère nationale VERT-E-S/NE
« Les armes suisses ne doivent pas causer de souffrances ni alimenter les conflits. Les vies humaines sont plus importantes que les profits de l'industrie de l'armement. »
Matthias Meier, responsable de campagne chez Campax
« La Suisse est connue dans le monde entier pour ses bons offices et sa tradition humanitaire. Il est fondamentalement contradictoire d'attiser les conflits mondiaux en exportant des armes. Je suis convaincu que le peuple rejettera cette loi contraire à l'esprit suisse. »
Marc Jost, conseiller national EVP/BE
« La droite brandit la neutralité suisse à tort et à travers. La Suisse ne peut être neutre que si elle n’exporte aucune arme, à aucun pays. Cette nouvelle loi est une violation grave de la neutralité suisse. Il est donc nécessaire de la stopper. »
Nino Russano, membre du comité directeur de terres des hommes suisse
« La Suisse ne doit pas exporter d'armes vers des pays qui violent systématiquement les droits humains. Sinon, elle se rend complice d'États injustes. »
Sheldon Masseraz, Jeunes Vertes
« Le Parlement a décidé de sacrifier encore plus de vies humaines au profit de l'industrie de l'armement. Nous devons mettre fin à ce scandale ! »
Mirjam Hostetmann, JS
« medico s'engage pour le droit à la santé pour tous – un droit qui est gravement bafoué pendant et après les guerres : blessures de guerre massives, famine, attaques contre les établissements de santé et le personnel médical. Il est inacceptable que la Suisse fournisse des armes et du matériel de guerre à des États qui mènent des conflits armés et bafouent les droits humains. »
Maja Hess, présidente de medico international
« Assouplir les exportations d'armes, c'est franchir une ligne rouge, car pour des raisons de profit, on accepte sciemment que le matériel de guerre suisse cause des souffrances et que les droits de l'homme soient relativisés. »
Lea Blattner, co-présidente Jeunes PEV Suisse
L'alliance :
GSsA – PS – Les VERT-E-S – PEV – JSS – Jeunes Vert-e-x – JEVP – POP – Frieda – terre des hommes – medico international – SFR – Campax – DJS – Femmes pour la paix – grundrechte.ch – humanrights.ch – Justitia et Pax – fra-z –